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Un professionnel à son bureau examine des documents financiers à côté d'une tablette.
9 min de lectureSeekwel

Pendant deux ans, Copilot, c'était simple : une licence par personne, un prix fixe, fin de l'histoire. Depuis l'annonce du 25 septembre 2026, ce n'est plus vrai. Les agents qui travaillent à votre place se paient désormais à la consommation, et pour les PME qui achètent via un revendeur, ce compteur s'allumera tout seul à partir du 2 novembre.

Cet article vous donne de quoi comprendre ce qui change, estimer ce que ça peut coûter, et régler la console d'administration en une demi-heure pour que personne ne découvre la facture en fin de mois.

Ce qui reste au forfait, ce qui passe au compteur

Microsoft a réorganisé Copilot en trois espaces : Home (le chat et Cowork, réunis avec Word, Excel et PowerPoint), Code (créer des petites applications en décrivant ce qu'on veut) et Autopilot, un agent qui tourne en continu dans le cloud, même quand vous êtes déconnecté.

La ligne de partage est claire :

  • Compris dans la licence Copilot : le chat, l'aide dans les applications Office, le choix automatique du modèle. L'usage de tous les jours, en somme.
  • Facturé à l'usage, en crédits Copilot : Cowork (l'agent qui enchaîne des tâches à plusieurs étapes), Code, Autopilot, et l'accès aux modèles les plus avancés.

Une analogie aide. La licence, c'est votre forfait téléphonique avec appels illimités. Les agents, ce sont les appels vers l'international : ils marchent très bien, mais chacun coûte, et c'est la durée qui fait la note.

Point important, la licence reste obligatoire. La facturation à l'usage vient s'ajouter par-dessus, elle ne la remplace pas.

Combien coûte une tâche confiée à un agent ?

Le guide des crédits publié par Microsoft en septembre 2026 fixe le prix à 0,01 $ le crédit en paiement à l'usage. Le chiffre seul ne dit rien : tout dépend du nombre de crédits qu'une tâche consomme.

Là, Microsoft donne des ordres de grandeur. Une tâche légère (un récapitulatif hebdomadaire tiré de votre agenda) consomme entre 100 et 300 crédits. Une tâche lourde (analyser six mois de données et produire un rapport pour la direction) dépasse les 700 crédits. Entre les deux, la préparation d'un rendez-vous client avec synthèse et présentation.

Traduit en argent, une tâche légère coûte donc quelques dollars, une tâche lourde davantage. Ça paraît peu. Sauf que quatre facteurs font varier la note : le modèle choisi, le volume de mails et de documents que l'agent va lire, le nombre d'actions qu'il déclenche, et le temps qu'il tourne. Un agent Autopilot qui surveille un canal Teams toute la journée n'a rien à voir avec une question ponctuelle.

C'est ce qui rend le budget difficile à prévoir : ce n'est plus le nombre de personnes qui fait le coût, c'est ce qu'elles demandent.

Qui est concerné, et à partir de quand ?

Deux situations, selon la façon dont vous achetez vos licences.

Vous achetez Microsoft 365 Copilot Business via un revendeur (partenaire CSP). C'est un circuit très courant en PME. Microsoft a annoncé à ses partenaires, le 16 septembre, que les nouvelles licences achetées à partir du 2 novembre 2026 arrivent avec la facturation à l'usage activée par défaut, avec un plafond mensuel prédéfini. L'abonnement Azure nécessaire est créé automatiquement.

Vous avez déjà vos licences, ou vous achetez en direct. Rien ne s'allume sans vous. Les services à l'usage restent éteints tant qu'un administrateur n'a pas créé une politique de dépenses.

Dans les deux cas, un réglage mérite votre attention : l'option « Auto-apply new services », activée par défaut. Elle ajoute automatiquement à votre politique chaque nouvel agent que Microsoft rendra payant à l'usage. Pratique, mais ça veut dire que le périmètre de ce que vous payez peut grandir sans que personne ne l'ait décidé.

Un détail de contexte, enfin. Microsoft a lancé en septembre une prime pour les revendeurs qui font adopter Cowork. Votre partenaire a donc tout intérêt à ce que vos équipes consomment. Rien d'anormal, mais ça justifie de fixer vos propres règles plutôt que de garder celles proposées par défaut.

Le réglage pas à pas dans la console Microsoft 365

Tout se passe dans le centre d'administration Microsoft 365, rubrique Copilot > Cost Management. Il faut un compte administrateur général ou administrateur de facturation. Comptez trente minutes.

  1. Créez un groupe de sécurité pilote. Les politiques ne ciblent des personnes qu'à travers des groupes. Mettez-y trois à cinq personnes qui ont un vrai cas d'usage, pas toute l'entreprise.
  2. Activez la politique par défaut en limitant la dépense. Dans le panneau « Set the monthly spending limit », choisissez « Limit monthly spending » et fixez un plafond pour toute l'organisation. Ne laissez jamais « Don't limit monthly spending ».
  3. Fixez un plafond par utilisateur. C'est optionnel dans l'interface, et c'est le réglage le plus utile. Sans lui, une seule personne peut consommer tout le budget du mois.
  4. Configurez les alertes. Une alerte administrateur à 50 % et à 80 % du plafond, envoyée au dirigeant et à la personne qui suit les coûts. Activez aussi les notifications utilisateur, pour que chacun sache où il en est.
  5. Désactivez « Auto-apply new services ». Vous ajouterez les nouveaux agents à la main, après les avoir regardés.
  6. Restreignez les services. Cochez uniquement ceux que votre pilote utilise vraiment (souvent Cowork seul au départ).
  7. Donnez un accès en lecture à la comptabilité. Le rôle « AI Reader » permet de consulter les tableaux de consommation sans pouvoir rien modifier.

Ce qu'il faut savoir du comportement une fois en place : quand un utilisateur atteint son plafond, il perd l'accès aux agents jusqu'au 1er du mois suivant. Il peut alors envoyer une demande de crédits supplémentaires, que vous validez dans l'onglet « Credit requests ». Et chaque utilisateur peut taper /cost dans Cowork pour voir ce que sa tâche en cours a déjà consommé.

La grille à remplir avant d'ouvrir le robinet

Avant de choisir un plafond, il faut une idée de ce que vos équipes vont demander. La méthode de Microsoft est la bonne : classer les usages en légers, moyens et lourds, estimer leur fréquence, multiplier. Voici la grille que nous utilisons, à copier dans un tableur.

GRILLE BUDGET AGENTS COPILOT (par mois)

Personne / rôle : ______________________

Tâche                                 | Type   | Crédits estimés | Fois/mois | Total
--------------------------------------|--------|-----------------|-----------|------
Récap hebdo agenda et priorités       | Léger  | 200             | 4         | 800
Préparation rendez-vous client        | Moyen  | 500             | 6         | 3 000
Rapport mensuel direction             | Lourd  | 1 000           | 1         | 1 000
______________________________________ | ______ | _______________ | _________ | _____

Total crédits / mois : _______   x 0,01 $ = _______ $
Plafond utilisateur retenu (total + 20 %) : _______ crédits

Questions à trancher :
[ ] Cette tâche serait-elle faite sans l'agent ? (sinon, pas de budget)
[ ] Le chat inclus dans la licence suffirait-il ?
[ ] Qui valide une demande de crédits en cours de mois ?
[ ] Date de revue du plafond (fin du 1er mois) : ___________

Les chiffres de l'exemple sont des hypothèses de départ, à remplacer par les vôtres après un mois réel. Disons une PME de 40 personnes qui ouvre Cowork à quatre commerciaux : la grille oblige à se demander, pour chacun, quelles tâches valent vraiment un agent. La préparation d'un rendez-vous client, oui. Une relance client personnalisée qui part chaque semaine, oui aussi, mais un workflow dédié la fera souvent pour moins cher qu'un agent généraliste qui relit toute la boîte mail à chaque fois.

La deuxième question de la grille est la plus rentable. Beaucoup de demandes qu'on imagine confier à un agent passent très bien dans le chat, qui reste inclus.

Où ça se complique

Trois points que la console ne montre pas au premier coup d'œil, et sur lesquels on voit les équipes trébucher.

Les crédits sont partagés. Si vous avez déjà acheté des packs de crédits pour Copilot Studio, ils servent aussi à Cowork. Une capacité réservée à un agent Copilot Studio réduit ce qui reste pour le reste, et inversement. Vérifiez les deux consoles (Microsoft 365 et Power Platform) avant de conclure que vous avez de la marge.

Le plafond n'est pas une coupure instantanée. Une tâche lancée juste avant d'atteindre la limite va jusqu'au bout. Microsoft indique que ce dépassement n'est pas facturé, mais « à sa seule discrétion ». Mieux vaut garder une marge.

Le suivi, personne ne le fait si personne n'en est chargé. Le tableau de bord se rafraîchit toutes les quatre heures, mais il faut quelqu'un pour le regarder. Nommez une personne, et intégrez la consommation Copilot à votre reporting automatisé mensuel, au même titre que les autres abonnements.

Par où commencer cette semaine

Si vous avez des licences Copilot, ouvrez Copilot > Cost Management et regardez si une politique existe déjà. Si vous prévoyez d'en acheter via un revendeur après le 2 novembre, demandez-lui noir sur blanc le plafond appliqué par défaut, et faites-le baisser si besoin.

Ensuite, un pilote de quelques personnes, un plafond serré, la grille remplie, et un point à la fin du premier mois. Un agent qui fait gagner une demi-journée pour quelques dollars, c'est une excellente affaire. Encore faut-il savoir lequel c'est.


Sources :

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