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Quatre professionnels réunis autour d'une table de travail examinent des documents chiffrés.
7 min de lectureSeekwel

Il existe un dispositif public qui paie une partie de votre diagnostic IA. La plupart des dirigeants que nous croisons n'en ont jamais entendu parler, et ceux qui le connaissent hésitent : ils ne voient pas ce qu'ils vont en retirer. Voilà ce que couvre le plan Osez l'IA, qui peut y prétendre, et comment le préparer pour qu'il débouche sur autre chose qu'un rapport.

L'écart entre « on a testé » et « on s'en sert »

Fin 2025, plus de la moitié des TPE-PME françaises déclaraient utiliser l'IA générative. Seulement 17 % s'en servaient régulièrement, d'après le baromètre semestriel de Bpifrance Le Lab publié en janvier 2026. Le reste, ce sont des essais individuels qui ne sont jamais devenus un processus.

C'est exactement ce trou que le dispositif public vise. L'objectif n'est pas de vous faire découvrir ChatGPT, c'est de vous faire passer d'un usage personnel à quelque chose qui tourne tout seul. Ce passage est plus dur qu'il n'y paraît, parce qu'il ne se joue pas sur l'outil. Il se joue sur vos données et sur vos façons de faire.

Ce que finance réellement Osez l'IA

Le plan a été lancé en juillet 2025 et renforcé en juin 2026. Deux offres concernent directement une PME, et elles ne visent pas du tout le même profil d'entreprise.

La première, le Diagnostic Data IA, est la plus accessible. Un expert vient chez vous, regarde vos données et vos processus, et repart avec une liste de cas d'usage priorisés. L'État prend 40 % de la facture via France 2030.

La seconde, l'Accélérateur IA, est un programme long qui mélange diagnostic, mise en œuvre et mise en réseau. Il est calibré pour des entreprises déjà structurées, avec une taille et une ancienneté suffisantes.

Voici la grille pour savoir où vous tombez.

CritèreDiagnostic Data IAAccélérateur IA
Effectif10 à 2 000 salariés50 salariés minimum
Chiffre d'affairespas de seuil8 M€ minimum
Anciennetépas de seuil3 ans d'activité minimum
Durée8 jours d'expert18 mois
Coût affiché10 000 € HTvariable selon le parcours
Prise en charge France 203040 %46 %
Ce que vous récupérezdes cas d'usage priorisésun accompagnement de bout en bout

Si vous êtes en dessous du seuil d'effectif, aucun des deux ne s'ouvre à vous. Regardez plutôt du côté des formations France Num et du réseau d'ambassadeurs IA, présent dans toutes les régions et gratuit.

Un diagnostic ne vaut que ce que vous y apportez

Huit jours d'expert, sur le papier, ça paraît confortable. En pratique, une bonne partie part en découverte : comprendre votre métier, retrouver qui détient quelle donnée, obtenir les accès aux outils. Nous avons vu des audits où une grande partie du temps est passée à reconstituer un processus que personne n'avait jamais écrit.

Vous pouvez récupérer ces journées. Il suffit d'arriver avec le terrain déjà cartographié. Pas un document de stratégie, personne n'en a besoin. Une liste d'irritants concrets, chiffrés même grossièrement, avec le nom de la personne qui les subit.

La fiche irritant, à remplir avant le premier rendez-vous

Copiez ce bloc, dupliquez-le, et remplissez-en cinq à huit. Pas plus.

IRRITANT #
Processus concerné :
Qui le subit (nom, poste) :
Fréquence : par jour / semaine / mois
Temps passé à chaque fois :
Ce qui déclenche la tâche :
Où vivent les données : outil, fichier, boîte mail, tête de quelqu'un
Format d'entrée : PDF, mail, formulaire, appel, papier
Ce qui sort à la fin : fichier, saisie dans un outil, réponse au client
Règle métier qui coince :
Ce qui se passe quand c'est raté :
Volume annuel estimé :
Qui doit valider avant d'automatiser :

Deux lignes font tout le travail. « Où vivent les données » vous dira très vite si un cas est faisable ou pas : une information qui n'existe que dans la tête d'une personne n'est pas automatisable tant qu'elle n'est pas écrite quelque part. Et « ce qui se passe quand c'est raté » sépare les tâches qu'on peut laisser tourner seules de celles qui demandent une validation humaine.

Choisissez des tâches fréquentes, ennuyeuses et gouvernées par des règles. Les meilleurs candidats se ressemblent beaucoup d'une PME à l'autre : la relance client, la saisie de commandes qui arrivent par mail, le reporting mensuel qu'une personne assemble à la main chaque début de mois.

Ce que vous devez exiger en livrable

Un diagnostic peut se terminer par un rapport de quarante pages qui décrit votre entreprise. Vous la connaissez déjà. Ce qui a réellement de la valeur tient en trois éléments, et il vaut mieux les demander par écrit au démarrage de la mission plutôt qu'à la restitution.

  • Des cas d'usage classés par effort et par gain, pas listés dans l'ordre où ils sont apparus pendant les entretiens.
  • Le détail complet du premier cas : quelles données il consomme, quel outil le porte, qui valide, et combien il coûte à faire tourner chaque mois.
  • La liste de ce qui vous manque pour démarrer : une donnée propre, un accès à une API, une personne référente en interne.

Ce dernier point est celui qu'on oublie le plus souvent, et c'est celui qui décide si le projet démarre en octobre ou en mars.

Où ça coince, une fois le rapport rendu

Le dispositif finance le diagnostic. Il ne finance pas la suite, et c'est là que beaucoup de PME s'arrêtent.

Le rapport arrive, il est bon, et personne n'a de temps à y consacrer. Pas de personne dédiée, pas d'équipe technique en interne, un dirigeant déjà pris par le quotidien. Nous voyons régulièrement des diagnostics sérieux rester des mois dans un dossier partagé, sans que rien ne se passe.

Deux réflexes évitent ça. Décidez du premier cas d'usage avant la restitution, sur la base de votre grille d'irritants, et nommez tout de suite la personne qui le portera en interne. Ensuite, prenez le plus petit cas de la liste, pas le plus ambitieux. Un premier automatisme livré en quelques semaines crée beaucoup plus d'élan qu'un grand chantier annoncé en réunion et jamais commencé.

Par où commencer cette semaine

Les enveloppes France 2030 sont fermées et les diagnostics se prennent au fil de l'eau. Si le sujet est sur votre table cette année, la partie qui vous appartient commence maintenant, et elle ne coûte rien : remplir la grille d'irritants.

Elle vous sert de toute façon. Avec ou sans financement public, personne ne peut prioriser vos automatisations à votre place s'il ne sait pas précisément ce qui vous coûte du temps.


Sources :

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